Archives mensuelles : septembre 2014

LE CHOFAR DU ROI D’ESPAGNE

le choffar

le choffar

 

Ce texte m’a été envoyé il y a quelques années et je l’avais précieusement gardé parce qu’il m’avait touché tout particulièrement et je suis heureuse aujourd’hui de pouvoir le mettre sur mon blog afin que chacun profite de cette très belle histoire.    

Il y a quelques années, le Roi Juan Carlos d’Espagne invita le Grand Rabbin d’Israël Yonah Metzger pour commémorer le 800iéme anniversaire du décès de Maïmonide, l’illustre Rabbi Moïse Ben Maimon (le Rambam) Médecin, Philosophe, Talmudiste et surtout décisionnaire hors du commun, le Rambam est né à Cordoue, en Espagne.

Durant la cérémonie, le Rabin Metzger offrit au Roi un magnifique Choffar très long et recourbé serti d’argent avec la couronne royale gravée sur la garniture argentée.

Le roi Juan Carlos l’examina longuement et demanda quelle en était l’origine, le Rabin Metzger parlait en hébreu tandis que l’Ambassadeur d’Israël en Espagne Victor Harel, assurait la traduction en espagnol.

Cet objet vient-il d’Afrique ?  demanda le roi,

Non, Majesté, il vient de la terre d’Israël.

De plus en plus perplexe, le Roi demanda alors si cet objet devait être utilisé dans les corridas mais le Rabin Metzger expliqua poliment que le judaïsme interdisait de faire souffrir les animaux inutilement.

Alors quel est l’usage de cette corne d’animal ? continua le roi. Le Rabin profita de cette conversation pour rappeler au Roi un chapitre douloureux de l’histoire des juifs d’Espagne,

Le Roi l’écouta attentivement.
Majesté !  Ce cadeau-unique en son genre nous permet de clore définitivement un passage de l’histoire.

Il y a plus de cinq cents ans, l’âge d’Or du judaïsme espagnol prit fin brutalement quand votre ancêtre, le Roi Ferdinand et son épouse Isabelle expulsèrent mes ancëtres suite à  l’incitation de l’Inquisiteur Torquemada.

Les juifs qui avaient tant contribués au développement de leurs pays durent s’enfuir en abandonnant leurs biens pour s’installer dans des pays plus hospitaliers, cependant certains juifs restèrent en Espagne et se convertirent tout en gardant secrètement leurs lois et coutumes.

Ils se  conduisaient comme des dévots catholiques mais respectaient les lois de la Torah en allumant clandestinement  les bougies de Chabbat dans des placards, afin que personne ne le remarque.

Les jours de fête, ces Marranes se rassemblaient secrètement dans des caves pour prier.

D’ailleurs notre prière de Kol Nidre, au début de l’office de Yom Kippour est attribuée à ces Marranes qui ainsi annulaient leurs déclarations d’appartenance au catholicisme.

Ils priaient avec une ferveur rare mais à voix très basse de façon à ne pas être découverts par l’inquisition, qui savait torturer et brûler sur des bûchers ces hérétiques.
Pour Roch Hachana (la Nouvelle Année Juive)  ils étaient confrontés à un dilemme, la prière pouvait être chuchotée mais comment utiliser le Choffar sans attirer l’attention des voisins ?

Un chef d’orchestre-juif d’origine-trouva une solution originale :

Il proposa au roi d’organiser un concert gratuit et pour présenter divers instruments à vent, venus de tous les pays et de toutes les époques.

Le Roi qui adorait la musique en fut enchanté. Le Chef d’orchestre proposa une certaine date, qui de fait s’avérait être Roch Hashanah.

Le Roi, la Reine, les Ministres et les courtisans s’assirent au premier rang,  le reste des auditeurs prirent place à l’arriére, parmi eux se trouvaient de nombreux marranes.

Les musiciens présentérent différents instruments, de la flûte du berger à la trompette du soldat,  à un moment donné le chef d’orchestre lui-même proposa de sonner dans une corne de bélier qu’il présenta comme le plus ancien instrument à vent connu. Le Roi et la Reine  s’intéressèrent à cette curiosité,  contemplérent l’instrument puis le Maitre la porta à sa bouche tandis qu’au fond de la salle les marranes pronoçaient à voix basse les deux bénédictions :

 » Béni sois-Tu Eternel, notre D-ieu, Roi de l’Univers qui nous à sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné d’écouter le son du Choffar » ainsi que :

 »Béni sois-Tu Eternel notre D-ieu, Roi de l’Univers, qui nous a fait vivre, nous a maintenus et qui nous a fait parvenir à cette période »

Le Chef d’orchestre sonna du Choffar comme l’exige la Halaha et tous les spectateurs se turent. A la fin de la prestation, on l’applaudit…….

Aujourd’hui, Majesté continua le Rabin Metzger, nous nous rencontrons cinq cents ans plus tard dans des circonstances bien plus amicales. En  tant que Grand Rabbin d’Israël je suis heureux de revenir en Espagne.

Je vous remercie au nom de Notre Peuple car maintenant les Juifs peuvent vivre librement dans votre pays,  Ils jouissent d’une totale liberté de culte et à Roch Hashanah ils peuvent sonner du Choffar dans les synagogues restaurées.
Aujourd’hui je peux vous offrir publiquement ce Choffar sans me cacher car vous êtes un souverain soucieux de démocratie.

En acceptant le Choffar, le Roi déclara;

Monsieur le Grand Rabbin,  j’ai reçu de nombreux cadeaux et trophées de nombreux chefs d’états des quatre coins du globe mais, ce cadeau-là est porteur d’une signification historique et je vous suis extrémement reconnaissant pour ce Choffar et pour ce récit !

Rav Metzger déclara alors au Roi qu’il souhaitait le bénir, comme cela est recommandé par les Sages.

Quand il termina sa benediction le Rabin Metzger ouvrit les yeux et s’aperçut que le roi, saisi d’émotion, pleurait sans chercher à le cacher…..

 

Le Roi Juan Carlos et le Rabbin Metzger

Le Roi Juan Carlos et le Rabbin Metzger

 

En fait et historiquement, la mère de Ferdinand Ier Roi qui signa en 1492 l’expulsion des Juifs d’Espagne et qui laissa l’Inquisition s’installer pendant des siècles, était … Juive. Elle s s’appelait Jeanne Enriquez, et sa maman Paloma bat Gedaliah (Paloma fille de Gedaliah)

Le grand-père paternel de Jeanne Enríquez est Alonso Enríquez, seigneur de Medina de Rioseco (1354-1429) dont le père est Fadrique de Castille et la mère, Paloma bat Gedaliah (née juive), petite-fille de Shlomo Ha-Zaken ben David, traditionnellement issu d’une branche des descendants du roi David par les exilarques de Babylone.

C’est ainsi que son arrière-petit- fils Charles Quint descendrait de ces Juifs de Babylone[1]

Document : Publications des généalogistes H.R.Moser et Vajay, INRIA 2005

Marranes mis sur le bucher

Marranes mis sur le bucher

 

 

La Rue Bialik à Tel-aviv

La rue Bialik

La rue Bialik

La Rue Bialik se trouve dans le coeur de Tel-Aviv, elle débute sur la Rue Allenby et se termine par la Place Bialik où se trouvait la Première Mairie de Tel-aviv.

C’est sans doute l’une des plus belles rues de Tel-Aviv et l’on doit prendre le temps d’y flaner afin d’admirer l’abondance des belles maisons et des monuments historiques qui sont un ravissement pour les yeux.

La plupart des bâtiments ont été rénovés en 2009 pour célébrer la commémoration du Centenaire de la ville de Tel-Aviv.

La Première Mairie de Tel-Aviv

La Première Mairie de Tel-Aviv

Certaines de ces maisons sont d’une grande beauté tous les styles arhitecturaux s’y cotoient                                       Eclectique, International, Art-Déco et Modernisme  

A côté de l’ancienne Mairie se trouve le Centre de musique Felicia Blumental, dédié à la pianiste du même nom. Ce bâtiment,  construit par la famille Shenkar, remarquable par sa couleur orange incorpore aussi la Bibliothèque Musicale de la ville.

Maison de Haim Nahman Bialik

Maison de Haim Nahman Bialik

La rue Bialik doit son nom à Haïm Nahman Bialik l‘un des plus grands poètes de langue Hébraique, il est considéré comme le Poète National d’Israël.

Venant d’une famille religieuse il étudia dans une Yeshiva (Ecole Talmudique) qu’il quittera dans le but de s’installer à Odessa, carrefour culturel et ville mythique où il rencontra Ahad Ha’am, sioniste spirituel, qui deviendra son ami.

Il se rend pour la première fois en Palestine en 1909 et en 1920 quitte sa Russie natale, pour fuir la dictature bolchevique. aidé par Maxime Gorki.

Homme aisé d’une très grande réputation il fut très sollicité, notamment par les notoriétes de la ville qui lui promirent de nommer la rue à son nom si il décidait d’y construire sa maison et de s’y installer, ce qu’i fit en 1925.

La rue Bialik comporte quatre musées :  La Maison Bialik, le Musée du Peintre Reuben Rubin,  le Musée du Bauhaus (ou maison Shlomo Yafé) et, sur la place Bialik, le nouveau Musée de l’Histoire de Tel Aviv – Jaffa  à l’emplacement où se trouvait autrefois la Mairie de Tel Aviv. Six maires de Tel Aviv y ont tenu leurs fonctions : Meïr Dizengoff, David Bloch, Moshe Shlush (quelques jours seulement), Yisrael Rokach, Haim Levanon et Mordechaï Namir.

La rue Bialik en 1930

La rue Bialik en 1930

 

 

 

Cafe Sapphire en 1930

Cafe Sapphire en 1930

 Café Sapphire

Au bout de la Rue Bialik se trouve un café dont l’histoire n’est pas commune, il s’est appellé Café Sapphire, Café Nightingale, Café Gan Rave et depuis une quinzaine d’années, Café Bialik.

Dès sa construction en 1930, il attire aussi bien une foule d’étudiants que de nombreux intellectuels habitant le quartier. Le Jeudi soir, la terrasse devient une piste de danse ou l’on se libère sur les dernièrs pas à la mode.  Le café devient une attraction et des centaines de personnes viennent en admirer la décoration interne.

Durant la deuxième Intifadah un attentat-suicide fut commis dans ce café par un jeune palestinien, le bilan est d’un mort et de plusieurs bléssés. Le café est rapidement réouvert mais aujourd’hui il ne couvre qu’une partie de sa surface initiale.

En Octobre 2007, la propriètaire de cet immeuble, Danielle Weiss avec l’accord de la Mairie de Tel-aviv, entreprend la destruction de ce bâtiment historique afin de construire une grande tour, alors même que la ville se prépare a célébrer la fête du centenaire de la naissance de la ville blanche.

Une pétition est alors signée par les associations de riverains et des amis de Tel-Aviv  pour mettre en echec cette décision.

Un autre scandale va être dévoilé celui de la belle mosaïque de Nahum Gutman qui se trouvait depuis sa création sur la place de l’ancienne mairie racontant l’Histoire de Tel-aviv – Jaffa a travers le temps.

Cette mosaïque fut enlevée au cours des rénovations de la Place Bialik et disparut mystérieusement .. personne ne savait où elle était placée. Cependant elle fut retrouvée dans un lieu obscur prête à y être oubliée. Ce scandale a devoilé une fois de plus que certains notables ne se sentaient pas très concernés par les vestiges du passé.

Cette oeuvre fut ensuite installée sur une nouvelle place entre la rue Rothchild et Neve tsedek au pied de grandes tours tant adulées par le Maire de Tel-Aviv  …

                            Car son rêve est de faire de Tel-aviv une Deuxième New-York.

Mosaique de Nahum Gutman

Mosaique de Nahum Gutman