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Eliezer Ben Yehuda et la renaissance de la langue Hébraïque

Eliezer Ben Yehuda et la renaissance de la langue Hébraïque.

« Le succès de l’hébreu prouve qu’une langue ancienne peut s’adapter à une nouvelle réalité » (Académie de la langue hébraïque).

Le Comité pour la langue hébraïque fut créé par Eliezer Ben Yehuda en 1889 à Jérusalem. En 1953,  la Knesset (Parlement Israélien) créée « l’Académie de la langue hébraïque » et lui succédera.

Eliezer Ben-Yehuda, est né le 7 janvier 1858 dans le village Biélorusse de Luzhky et s’appelait Eliezer Yitzhak Perelman.

De famille juive religieuse il suivra la coutume des juifs hassidiques d’Europe de l’Est et très jeune fréquente le « cheder » où il étudie l’hébreu et la Bible, a 12 douze ans ce sera l’étude de la Torah, de la Michna et du Talmud qui lui sera enseignée et plus tard il entrera dans une « yeshiva »  école talmudique. Sa famille nourrissait l’espoir qu’il devienne rabbin. Cependant Il s’éloignera de son appartenance au peuple juif mais pas à son attachement pour la langue hébraïque.

Eliezer Ben Yéhuda est profondément convaincu que la rédemption d’Israël ne s’accomplira que par le renouveau de l’hébreu comme langue nationale.

En 1877, il écrit: «Les Juifs ne peuvent être vraiment vivants que s’ils retournent au pays de leurs pères et qu’ils reviennent à la langue biblique» Et encore: «l’Hébreu est la seule voie pour réaliser la rédemption de la nation juive» «la renaissance de la langue hébraïque en Terre d’Israël pourrait unir tous les juifs du monde entier».

Il quitte la Russie en 1878 pour Paris, entreprit des études d’Histoire et de Politique du Moyen Orient à la Sorbonne mais sa santé fragile ne lui permet pas de persévérer.  En 1881 il arriva en Palestine avec ses plans de relance pour la Langue hébraïque.

Il décide, avec son épouse Dvora d’adopter l’hébreu comme langue vernaculaire.

Son leitmotiv était « hébreu à la maison », «hébreu à l’école», et «mots, mots, mots».

Son premier fils,  Ittamar Ben-Avi né en 1882,  fut le premier enfant parlant hébreu dans l’histoire moderne. La nécessité de trouver des mots hébreux appropriés aux activités banales de la vie quotidienne s’est effectivement fait ressentir et de nouveaux mots et expressions de langue hébraïque ont été créées par Eliezer Ben Yehuda. Quatre autres enfants naîtront de cette union mais Dvora tombera malade et mourra de la tuberculose.

En 1884 il sera le fondateur du journal «HaTsVi» («Le Cerf») dont les articles sont écrits en hébreu et dans lesquels il exhorte les jeunes pionniers et les futurs fondateurs de l’Etat d’Israël à ne s’exprimer qu’en langue hébraïque. Il exige que l’on n’étudie qu’en hébreu dans les écoles. Il instaure dans son journal une chronique consacrée aux nouveaux mots qu’il invente afin d’enrichir la langue hébraïque moderne.

Devenu également enseignant à l’Ecole de l’Alliance Française Universelle, il n’a de cesse de vouloir propager l’hébreu malgré le manque de manuels scolaires dans cette langue.

Les juifs orthodoxes de Jérusalem opposés au sionisme et à la renaissance de l’hébreu le dénoncent au gouvernement turc comme révolutionnaire. Il est arrêté et ne sera libéré que par l’intervention du Baron de Rothschild.

Il se remarie avec Hemda, la jeune soeur de Dvora. Sa maison devint le Centre de Comité de la langue hébraïque lieu de rencontre pour toute la communauté désirant pratiquer la langue hébraïque.

IL s’exile en 1914 pour New york, fuyant la persécution ottomane, et reviendra en Eretz Israël à la fin de la première guerre mondiale et poursuivra son idéologie. A son retour il est heureux de constater que la ville de Jérusalem s’est agrandie et que la langue hébraïque est de plus en plus pratiquée.

Malgré toutes ses occupations, les moyens de la famille manquent et ils vivent dans un inconfort permanent, Ben Eliezer rechute de la tuberculose. Sentant que ses jours sont comptés il s’acharne dans son travail d’édition d’un dictionnaire de l’hébreu moderne, voyage en Europe et visite toutes les bibliothèques universitaires afin d’étudier les ouvrages écrits en hébreu ancien.

Eliezer Ben Yehuda mourra en paix en 1922, l’hébreu sera reconnu comme langue officielle de son vivant par l’Administration mandataire britannique, un décret de trois jours de deuil sera appliqué pour ce Grand Homme et des milliers de personnes se recueilleront devant sa tombe.

 

Eliezer Ben Yehuda et sa femme Hemda

Eliezer Ben Yehuda et sa femme Hemda

La Rue Bialik à Tel-aviv

La rue Bialik

La rue Bialik

La Rue Bialik se trouve dans le coeur de Tel-Aviv, elle débute sur la Rue Allenby et se termine par la Place Bialik où se trouvait la Première Mairie de Tel-aviv.

C’est sans doute l’une des plus belles rues de Tel-Aviv et l’on doit prendre le temps d’y flaner afin d’admirer l’abondance des belles maisons et des monuments historiques qui sont un ravissement pour les yeux.

La plupart des bâtiments ont été rénovés en 2009 pour célébrer la commémoration du Centenaire de la ville de Tel-Aviv.

La Première Mairie de Tel-Aviv

La Première Mairie de Tel-Aviv

Certaines de ces maisons sont d’une grande beauté tous les styles arhitecturaux s’y cotoient                                       Eclectique, International, Art-Déco et Modernisme  

A côté de l’ancienne Mairie se trouve le Centre de musique Felicia Blumental, dédié à la pianiste du même nom. Ce bâtiment,  construit par la famille Shenkar, remarquable par sa couleur orange incorpore aussi la Bibliothèque Musicale de la ville.

Maison de Haim Nahman Bialik

Maison de Haim Nahman Bialik

La rue Bialik doit son nom à Haïm Nahman Bialik l‘un des plus grands poètes de langue Hébraique, il est considéré comme le Poète National d’Israël.

Venant d’une famille religieuse il étudia dans une Yeshiva (Ecole Talmudique) qu’il quittera dans le but de s’installer à Odessa, carrefour culturel et ville mythique où il rencontra Ahad Ha’am, sioniste spirituel, qui deviendra son ami.

Il se rend pour la première fois en Palestine en 1909 et en 1920 quitte sa Russie natale, pour fuir la dictature bolchevique. aidé par Maxime Gorki.

Homme aisé d’une très grande réputation il fut très sollicité, notamment par les notoriétes de la ville qui lui promirent de nommer la rue à son nom si il décidait d’y construire sa maison et de s’y installer, ce qu’i fit en 1925.

La rue Bialik comporte quatre musées :  La Maison Bialik, le Musée du Peintre Reuben Rubin,  le Musée du Bauhaus (ou maison Shlomo Yafé) et, sur la place Bialik, le nouveau Musée de l’Histoire de Tel Aviv – Jaffa  à l’emplacement où se trouvait autrefois la Mairie de Tel Aviv. Six maires de Tel Aviv y ont tenu leurs fonctions : Meïr Dizengoff, David Bloch, Moshe Shlush (quelques jours seulement), Yisrael Rokach, Haim Levanon et Mordechaï Namir.

La rue Bialik en 1930

La rue Bialik en 1930

 

 

 

Cafe Sapphire en 1930

Cafe Sapphire en 1930

 Café Sapphire

Au bout de la Rue Bialik se trouve un café dont l’histoire n’est pas commune, il s’est appellé Café Sapphire, Café Nightingale, Café Gan Rave et depuis une quinzaine d’années, Café Bialik.

Dès sa construction en 1930, il attire aussi bien une foule d’étudiants que de nombreux intellectuels habitant le quartier. Le Jeudi soir, la terrasse devient une piste de danse ou l’on se libère sur les dernièrs pas à la mode.  Le café devient une attraction et des centaines de personnes viennent en admirer la décoration interne.

Durant la deuxième Intifadah un attentat-suicide fut commis dans ce café par un jeune palestinien, le bilan est d’un mort et de plusieurs bléssés. Le café est rapidement réouvert mais aujourd’hui il ne couvre qu’une partie de sa surface initiale.

En Octobre 2007, la propriètaire de cet immeuble, Danielle Weiss avec l’accord de la Mairie de Tel-aviv, entreprend la destruction de ce bâtiment historique afin de construire une grande tour, alors même que la ville se prépare a célébrer la fête du centenaire de la naissance de la ville blanche.

Une pétition est alors signée par les associations de riverains et des amis de Tel-Aviv  pour mettre en echec cette décision.

Un autre scandale va être dévoilé celui de la belle mosaïque de Nahum Gutman qui se trouvait depuis sa création sur la place de l’ancienne mairie racontant l’Histoire de Tel-aviv – Jaffa a travers le temps.

Cette mosaïque fut enlevée au cours des rénovations de la Place Bialik et disparut mystérieusement .. personne ne savait où elle était placée. Cependant elle fut retrouvée dans un lieu obscur prête à y être oubliée. Ce scandale a devoilé une fois de plus que certains notables ne se sentaient pas très concernés par les vestiges du passé.

Cette oeuvre fut ensuite installée sur une nouvelle place entre la rue Rothchild et Neve tsedek au pied de grandes tours tant adulées par le Maire de Tel-Aviv  …

                            Car son rêve est de faire de Tel-aviv une Deuxième New-York.

Mosaique de Nahum Gutman

Mosaique de Nahum Gutman