Un visiteur pas comme les autres – MARK TWAIN

Mark Twain

Mark Twain

Mark Twain est le nom de plume de Samuel Langhorne Clemens, né le 30 novembre 1835 dans une famille américaine catholique.

Il grandit à Hannibal dans le Missouri, site mentionné dans ses livres  »Tom Sawyer et Huckleberry Finn ». Durant son adolescence Il sera apprenti : chez un imprimeur, puis comme compositeur, contribue aux articles du journal de son frère aîné Orion Clemens. Il sera également mineur puis pilote de bateau sur le fleuve Mississippi. Il ne manque pas de raconter avec humour son manque de succès dans l’exploitation minière, pour finalement se tourner vers le journalisme.

En juin 1867,  il rejoignit une commission de journalistes avec un groupe restreint de passagers qui avaient réservé pour une grande «excursion d’agrément» de cinq mois et demi en Europe et en Terre Sainte sur le vapeur  »Quaker City ». Le but de ce voyage était d’écrire un article, pour le magazine  »Alta california » sur les « Nouveaux Pèlerins et le Tourisme »,  intitulé  »Voyage de plaisir en Terre Sainte ».

Son récit du voyage il nous le raconte dans le livre  »Le voyage des innocents » ses compagnons de voyage ne lui inspiraient guère de sympathie due a leur comportement trop pieux à son goût.

Après avoir visité l’Europe, ils arrivent au Proche Orient en passant par la Syrie, le Liban et finalement la Palestine. Marc Twain s’étonne de la petitesse du lac de Tibériade, trop habitué à la grandeur des lacs américains, il part pour Nazareth, le Mont Tabor, traverse la Samarie, de Naplouse il partira vers la Vallée du Jourdain en plein mois d’août sous une chaleur de plus de 40 degrés… il raconte la difficulté de trouver un arbre, un point d’eau pour se rafraîchir après des heures de marche….que du désert aride, une désolation ultime.

Tout comme chaque visiteur de l’époque, la Bible était leur seul recours pour reconnaître les lieux saints et ces sites, si souvent mentionnés, leur semblaient plus grandioses que la réalité.

Enfin il voit le Jourdain, une rivière qui peut se traverser à pied ! quelle déception, en comparaison au Missouri … il appellera donc le jourdain – le mississi …pipi  !

Finalement, il arrive à Jérusalem, il est très impressionné par la vue des murailles et reste des heures à les contempler. Il se décide à rentrer dans la vieille ville qu’il trouve puante, sale, vétuste, surannée … décevante. Il s’installe à  »l’hôtel Méditerranéen » dans le quartier juif de l’époque. Ce même bâtiment qu’Ariel Sharon achètera 150 ans plus tard en 1987 et qui est depuis sa mort une  »yeshiva » une école talmudique.

Des moines le guideront dans la vieille ville, il sera contrarié par leur manque de culture… au Saint Sépulcre il voit la tombe d’Adam … enfin un membre de sa famille pense t’il et il en est ému !!

A son retour on lui demande  »Comment était ce voyage de plaisir en Terre Sainte ?                    Le titre ne lui convenait guère car pour lui ce fut loin d’être un voyage de plaisir !

« De tous les pays qui ont un panorama de désolation, je pense que la Terre Sainte doit avoir la couronne !!  On devrait intituler l’article :                                                                                                « Un voyage pour le grand enterrement de la Terre Sainte! » Un pays en deuil, maudit qui a perdu toute sa grandeur, sa beauté et est devenu une terre maudite oublié de Dieu »

Le premier Ministre israélien au cours d’une rencontre avec Barack Obama lui a offert le livre de Mark Twain en lui disant voilà ce que le peuple juif a fait de ce pays maudit …

Mark Twain a rencontré Théodore Herzl et  voulait faire jouer la pièce de théâtre de ce dernier  »le Nouveau Ghetto » à Broadway. Mark Twain pensait que les juifs ne devaient pas retourner en Palestine car ils pouvaient être plus influents en restant dans leur pays respectif.

Il écrivit son autobiographie en 1910 et, selon sa demande, elle ne devait être publiée qu’en 2010 à l’occasion du 100eme anniversaire de la mort de Twain.

Son esprit et sa satire, en prose et en discours, ont mérité les éloges de la critique et de ses pairs, il a été salué comme le « plus grand humoriste que les États-Unis ont produit ».

Twain est né peu de temps après l’apparition de la comète de Halley, et il a prédit qu’il «sortirait avec» il est mort le 21 Avril 1910 un jour après que la comète se soit rapprochée de la Terre.

Le voyage des innocents (Petite bibliothèque payot) (French Edition): Twain, Mark: 9782228889506: Amazon.com: Books

Le photographe qui fait revivre l’Histoire – Rudi Weissenstein

RUDI ET MYRIAM WEISSENSTEIN

RUDI ET MYRIAM WEISSENSTEIN

MYRIAM WEISSENSTEIN

Né en 1910 en Tchécoslovaquie, Shimon Rudolf « Rudi » Weissenstein étudie la photographie à Vienne et émigre en Palestine en 1934. Dès son arrivée; il va photographier la vie quotidienne des immigrants juifs de l’époque et accumule une vaste collection de plus d’un million de négatifs, les plus connus seront certainement ceux de la déclaration d’indépendance d’Israël par David Ben Gurion en 1948. Jusqu’à sa mort en 1992, il tenait avec sa femme Myriam (danseuse de profession) un magasin de photographies à Tel-aviv où étaient exposées pèle mêle toutes ses photos.

Le magasin de la rue Allenby m’était familier, les photos en noir et blanc de la vitrine reflétaient un passé que les israéliens ne veulent pas oubliés. J’étais tout particulièrement fascinée par cette photo d’une dame d’une immense vitalité qui sautait joyeusement en l’air dont l’ultime moment fut happée en vol par un photographe, son mari.

J’ai été aussi très touchée par ce couple insolite, Myriam et son petit fils Ben Peter Weissenstein, qui racontaient il y a une dizaine d’années dans un documentaire de Tamar Tal  »Life in Still » leurs craintes et difficultés de survie et se battaient pour préserver ce patrimoine et leur magasin de photographies, en danger de disparaître définitivement, car la mairie de Tel-Aviv voulait rénover leur édifice et leur proposait en offrande de s’installer dans un nouveau bâtiment de la rue Tchernichovski.

Myriam Weissenstein est décédée en 2011 à 98 ans, quelques mois après le déménagement du magasin dans son emplacement actuel après s’être battue pendant des années pour sauver la boutique d’Allenby. Son petit fils gère les archives et photos du magasin qui est actuellement fermé due à la pandémie du covid19 mais disponible sur le site Web de la boutique.

MYRIAM WEISSENSTEIN

MYRIAM WEISSENSTEIN

 

La communauté Druze du Plateau du Golan

La religion druze est un schisme de l’islam chiite ismaélien, elle est née en Egypte sous le règne du calife Fatimide Al-Hakim reconnu comme « fou » pour certains et « génie » pour d’autres. Au cours d’une cérémonie officielle en 996 il s’est instauré comme le dernier imam et l’incarnation de Dieu sur terre. C’est durant cette période que la scission entre druzes et Ismaéliens se produit.

Trois personnages ismaéliens sont les instigateurs de cette nouvelle religion Druze, Muhammad bin Ismail Nashtakin ad-Darazi, lui donnera son nom, mais plus tard il sera écarté du groupe dont les idées sont incompatibles avec la nouvelle doctrine.

La doctrine druze prend racine dans une volonté de synthèse des trois monothéismes avec des idées issues du manichéisme, de l’Egypte antique, de l’Inde et du monde grec.

Les druzes se désignent comme unitaire. Ce terme se justifie doublement parce que les druzes affirment la stricte unicité de Dieu et parce qu’ils aspirent à s’unir avec lui.

 Al-Hakim veut unir par la force les cultes sunnites et chiites pour créer un nouvel islam, en grande partie inspiré par le chiisme ismaélien avec pour seul lieu de pèlerinage le Caire. La grande majorité sunnite vivant en Egypte conteste vivement cette idéologie. En 1020, Al-Hakim disparaît au cours d’une de ses promenades habituelles, près du Caire où il se rendait pour méditer en toute sérénité. Son corps ne fut jamais retrouvé, seuls ses habits entachés de sang. 

La mort du fatimide Al-Hakim entraîna une vague de persécutions contre les druzes. Leur doctrine est éradiquée de l’Egypte. Les adeptes de cette nouvelle religion fuient et se réfugient au sud de la Syrie, du Liban et en Galilée, loin du Caire et de l’empire fatimide. Un mouvement de prosélytisme se crée dans ces régions et une partie de la population locale chiites se convertit à cette religion unitaire druze qui s’enrichit alors par des apports d’origine kurde, arabe et devient une communauté d’origine ethnique multiple.

La hiérarchie divine comporte cinq ministres considérés par cinq couleurs. Au sommet, il y a l’Intelligence divine, l’Ame, la Parole, le Précédent et le Suivant.

Ce sont les cinq couleurs que l’on retrouve dans le drapeau druze (vert, rouge, jaune, bleu et blanc).

Les initiés se distinguent par leur qualité morale, leur réputation et leur élévation spirituelle. Ils renoncent au plaisir terrestre et leur long chemin mystique les entraîne vers la purification de l’âme jusqu’au degré d’élévation qui les unira à Dieu et le retour du Messie Al-Hakim à la fin des temps.

La réincarnation est une des croyances profondes de la communauté druze.  Après la mort, l’âme du défunt s’introduit immédiatement dans un nouveau-né druze.

Cette religion est fortement influencée par le soufisme qui préconise l’éloignement des biens matériels pour rester plus prés de Dieu. Les religions juives et chrétiennes sont mieux acceptées dans les écrits druzes que l’islam. La philosophie grecque est une des doctrines druze.

Les druzes ne suivent pas les règles islamiques telles que le pèlerinage à la Mecque. Ils ne lisent pas le coran mais les livres de la sagesse, ils ne prient pas dans les mosquées mais dans les maisons de prières. Il n’y a pas de rite, ni de prière le vendredi. Les jeudis soirs les druzes désireux de se rapprocher de la religion se réunissent pour écouter la conférence des livres de la sagesse suivit de récitation des textes de la poésie soufie. Le chef de séance donne alors un signal et seuls les initiés pourront rester et participer à la véritable séance religieuse.

Longtemps, la divulgation de la doctrine druze valait à son auteur la mort.

La seule fête musulmane célébrée par les druzes est Id d’Al-Adha qui célèbre le sacrifice d’Abraham qui sera le même jour fêté par les autres musulmans. Ils ne pratiquent pas le jeûne pendant le mois du ramadan mais pendant les dix jours qui ont précédé l’Id d’Al-Adha. La fête dure quatre jours. Le jour du ‘Id symbolise le jour du jugement dernier qui représente la délivrance pour les druzes.

Le prosélytisme est proscrit chez les druzes. On naît druze, on ne peut pas le devenir. Les mariages se font à l’intérieur de la communauté uniquement.                                                      Un mot de passe permet aux membres de se reconnaître. La polygamie n’est pas tolérée et la fidélité conjugale une des règles. La femme est égale à l’homme et peut héritée du patrimoine familial si les parents établissent un testament, si celui-ci n’existe pas le frère sera l’héritier et s’il n’y a pas de mâle dans la famille des cousins ​​hériteront. 

Il y a environ un million de druzes dans le monde entier dont 143 000 druzes vivant en Israël, 20000 sur le plateau du Golan. A la suite de la guerre des six jours le plateau du Golan jusque-là syrien est pris par les israéliens, la population druze devint administrée par le gouvernement Israélien. Certains druzes ont accepté la nationalité israélienne et d’autres pas restant fidèles au régime d’Assad.  Des échanges commerciaux, notamment celui des pommes qui est une production importante de la région passe en Syrie. Certains jeunes gens druzes partent étudier en Syrie à Damas où l’éducation est gratuite.

Des jeunes filles vont être promises en mariage à des jeunes gens druzes de Syrie, le passage des frontières sera alors ouvert le temps de leur passage, grâce aux mille efforts de la croix rouge, afin de rejoindre leur futur époux et ne pourront jamais revenir au désespoir de la famille et de la jeune mariée. Un très beau film a été fait à ce sujet son titre « La fiancée syrienne ».

A la suite de la guerre en Syrie les familles se déchirent entre pro et anti-Assad, les gens autrefois unis contre l’occupation israélienne ne se parlent plus d’une maison à l’autre, et la «colline des cris», où les familles venaient d’autrefois échanger des nouvelles par mégaphones interposés de part et d’autre de la frontière de barbelés séparant la Syrie et Israël, est maintenant désertée les moyens de communication se sont bien améliorés ces dernières années. 

La hauteur du plateau du Golan est entre 500 et 1000 mètres d’altitude, sa longeur de 55 kms de long,  un carrefour hautement stratégique par sa localisation, et sa géographie. Il surplombe le lac de Tibériade et domine la Galilée et la plaine de Damas syrienne. Sa principale source d’eau qui se jette dans le lac de Tibériade est le Jourdain. Il est un parfait point d’observation. Il est devenu un terrain militaire rempli d’antennes et matériels militaires sophistiqués.

 

Rencontre de chefs druzes israéliens avec leurs compatriotes en Syrie

Rencontre de chefs druzes israéliens avec leurs compatriotes en Syrie

Les samaritains (Ha Shomronim)

L’origine du nom Samarie (en hébreu Shomron) est associée à un certain Shemer, à qui Omri, roi d’Israël (886-875 av.J-C) avait acheté une colline qu’il fortifia pour y bâtir une ville.

Il la nomma Samarie et elle devint la capitale du royaume nord d’Israël.                                          Ville somptueuse dont les nombreuses richesses en fit la rivale de Damas.

Plus tard le nom de Samarie désigna tout le centre du royaume d’Israël et plus particulièrement la région montagneuse qui l’entourait.

La religion des Samaritains (en hébreu Shomronim) est fondée sur les cinq premiers livres de la Bible par conséquent leurs seuls prophètes sont Moise et Josué, Jusqu’à aujourd’hui les Samaritains sont fidèles à la Loi de Moïse. Ils pratiquent la circoncision le huitième jour de la naissance d’un petit garçon et observent de manière scrupuleuse le shabbat. Ils célèbrent les fêtes de pèlerinage sur le mont Garizim (qui veut dire sacrifice en hébreu ancien) où ils immolent les agneaux de la Pâque.

L’origine du conflit entre les juifs et les Samaritains remonte à 722 AEC (avant l’ère commune) à la suite de la conquête du royaume du nord par les Assyriens et l’inévitable arrivée de colons étrangers qui vont se mélanger à la population juive locale, de cette fusion naîtra le peuple Samaritain. A leurs dieux traditionnels ils vont rajouter le culte de YHWH (Yahweh= G-d), les Samaritains sont alors considérés comme des hérétiques par les autres Juifs.

Au fil de l’histoire, les relations entre Juifs et Samaritains vont se détériorer progressivement.  La construction d’un Temple en 323 av J-C sur le Mont Garizim, reconnu par les Samaritains comme l’emplacement du sacrifice d’Isaac consacrera le schisme avec Jérusalem.

La rupture définitive entre Juifs et Samaritains se fera en 107 av J.C Jean Hyrcan, roi de Jérusalemdétruira la ville de Sichem et le Temple de Garizim.

À l’époque du Christ, les Juifs regardent les Samaritains comme des étrangers. Non seulement ils ne se fréquentaient pas, mais les Juifs considéraient que les objets, les animaux ou les récoltes qui traversaient la Samarie étaient impro­pres au culte.

Selon le nouveau testament certains Samaritains se rallient à Jésus qui les donne en exemple dans les Actes des apôtres,  l’Eglise s’ouvre sans discrimination aux Samaritains et Jean Baptiste aurait exercé une influence en Samarie.

Au cours de l’histoire récente, ils sont même parvenus à s’attirer les bonnes grâces des chrétiens, désireux de voir en eux les descendants du « Bon Samaritain ».

En 1907, une famille de Samaritains de Naplouse s’installe à Jaffa, sur la côte méditerranéenne encore Palestine. En 1955, quelques années après la création de l’Etat d’Israël, d’autres membres de la communauté, désireux de trouver du travail, obtiendront le droit de s’installer à Holon, au sud de Tel-Aviv.

Une des règles principales est l’interdiction des mariages en dehors de la « famille » . Cette consanguinité, préservée au fil des siècles, a provoqué une dégénérescence de la population.

A la suite de la 1ière intifada en 1987 et afin d’éviter tout conflit les samaritains quittent la ville de Naplouse pour s’installer au pied du Mont Garizim. En 1990 ils obtiennent la carte d’identité israélienne sur laquelle il est mentionné  »samaritain ». Cette carte leur permet de sillonner de la Cisjordanie en Israël en toute liberté, un avantage indéniable par rapport aux palestiniens locaux surtout pendant les périodes de tension.

Les  samaritains sont au nombre de 820 personnes en 2019 vivant à Naplouse ou à Holon.

Les Samaritains célèbrent Pessah

Les Samaritains célèbrent Pessah

L’impératrice Hélène et La Sainte croix

21 May, today is the feast day of Saints Constantine and Helen ...

Hélène, mère de l’empereur Constantin vit dans l’ombre jusqu’à l’avènement de son fils Constantin 1ier en 306, ceci est dû à un passé douteux de servante d’auberge comme profession initiale et le reniement de son époux Constance Chlore devenu César. L’ascension de son fils Constantin lui donne du pouvoir et le retour à une vie publique, elle se convertit au Christianisme tout comme lui et il semblerait même avant lui et exerce un apostolat actif de la foi nouvelle pour mieux asseoir l’empire chrétien, encore fragile à l’automne 324.

Elle séjourne à la cour impériale de Trêves (ville faite capitale par Constantin jusqu’à 316) puis à Rome et s’accomplit dans cette nouvelle religion ordonnée par son fils qui par son pouvoir grandissant la fera proclamer  »Augusta » Impératrice en 324.

C’est en tant qu’impératrice qu’elle quitte Rome pour s’installer en Palestine (326-328) ce séjour sous des apparences de pèlerinage sera plutôt conçu dans un but politique de reconnaissance du christianisme instauré par son fils. Elle veut reconstituer le christianisme en terre sainte en retrouvant les lieux saints et sera guidée par un érudit Eusèbe de Césarée. Elle y fondera « l’église des disciples »  appelée aujourd’hui le « Pater noster » l’église de la Nativité à Bethléem et trouvera les saintes reliques dont la croix du Christ sur l’emplacement du Golgotha.

L’impératrice et son fils Constantin font construire un temple à l’emplacement de cette découverte, et fut appelé Basilique du Saint Sépulcre, dans laquelle on a conservé la relique.

Cependant cette croix va être volée, trois siècles plus tard en 614, durant la conquête de Jérusalem par le roi Perse Chrosroës II. La population est massacrée, les prisonniers sont vendus comme esclaves, les églises sont brûlées et la Sainte Croix, ou Vraie Croix est volée et emmenée au cœur de l’empire Perse et placée au pied du trône du roi, en signe de dédain envers le christianisme.

Cela va devenir le Graal de l’empereur romain d’orient Héraclius qui après 15 années de lutte, arrivera à ses fins. La Vraie Croix retourne à Jérusalem le 14 septembre 628, portée par l’empereur en personne à travers la ville. Dès lors, ce jour est marqué dans les calendriers liturgiques comme celui de l’ Exhaltation de la Croix.

Afin d’éviter de nouveaux vols, la Sainte Croix fut coupée en plusieurs morceaux, un transporté à Rome, un à Constantinople et le troisième fut mis dans un coffre d’argent à Jérusalem. Un autre morceau fut partagé en très petits bouts et distribués dans les églises du monde entier et portent le nom de Veracruz (la vraie croix).

La Sainte Croix

La Sainte Croix

Eliezer Ben Yehuda et la renaissance de la langue Hébraïque

Eliezer Ben Yehuda et la renaissance de la langue Hébraïque.

« Le succès de l’hébreu prouve qu’une langue ancienne peut s’adapter à une nouvelle réalité » (Académie de la langue hébraïque).

Le Comité pour la langue hébraïque fut créé par Eliezer Ben Yehuda en 1889 à Jérusalem. En 1953,  la Knesset (Parlement Israélien) créée « l’Académie de la langue hébraïque » et lui succédera.

Eliezer Ben-Yehuda, est né le 7 janvier 1858 dans le village Biélorusse de Luzhky et s’appelait Eliezer Yitzhak Perelman.

De famille juive religieuse il suivra la coutume des juifs hassidiques d’Europe de l’Est et très jeune fréquente le « cheder » où il étudie l’hébreu et la Bible, a 12 douze ans ce sera l’étude de la Torah, de la Michna et du Talmud qui lui sera enseignée et plus tard il entrera dans une « yeshiva »  école talmudique. Sa famille nourrissait l’espoir qu’il devienne rabbin. Cependant Il s’éloignera de son appartenance au peuple juif mais pas à son attachement pour la langue hébraïque.

Eliezer Ben Yéhuda est profondément convaincu que la rédemption d’Israël ne s’accomplira que par le renouveau de l’hébreu comme langue nationale.

En 1877, il écrit: «Les Juifs ne peuvent être vraiment vivants que s’ils retournent au pays de leurs pères et qu’ils reviennent à la langue biblique» Et encore: «l’Hébreu est la seule voie pour réaliser la rédemption de la nation juive» «la renaissance de la langue hébraïque en Terre d’Israël pourrait unir tous les juifs du monde entier».

Il quitte la Russie en 1878 pour Paris, entreprit des études d’Histoire et de Politique du Moyen Orient à la Sorbonne mais sa santé fragile ne lui permet pas de persévérer.  En 1881 il arriva en Palestine avec ses plans de relance pour la Langue hébraïque.

Il décide, avec son épouse Dvora d’adopter l’hébreu comme langue vernaculaire.

Son leitmotiv était « hébreu à la maison », «hébreu à l’école», et «mots, mots, mots».

Son premier fils,  Ittamar Ben-Avi né en 1882,  fut le premier enfant parlant hébreu dans l’histoire moderne. La nécessité de trouver des mots hébreux appropriés aux activités banales de la vie quotidienne s’est effectivement fait ressentir et de nouveaux mots et expressions de langue hébraïque ont été créées par Eliezer Ben Yehuda. Quatre autres enfants naîtront de cette union mais Dvora tombera malade et mourra de la tuberculose.

En 1884 il sera le fondateur du journal «HaTsVi» («Le Cerf») dont les articles sont écrits en hébreu et dans lesquels il exhorte les jeunes pionniers et les futurs fondateurs de l’Etat d’Israël à ne s’exprimer qu’en langue hébraïque. Il exige que l’on n’étudie qu’en hébreu dans les écoles. Il instaure dans son journal une chronique consacrée aux nouveaux mots qu’il invente afin d’enrichir la langue hébraïque moderne.

Devenu également enseignant à l’Ecole de l’Alliance Française Universelle, il n’a de cesse de vouloir propager l’hébreu malgré le manque de manuels scolaires dans cette langue.

Les juifs orthodoxes de Jérusalem opposés au sionisme et à la renaissance de l’hébreu le dénoncent au gouvernement turc comme révolutionnaire. Il est arrêté et ne sera libéré que par l’intervention du Baron de Rothschild.

Il se remarie avec Hemda, la jeune soeur de Dvora. Sa maison devint le Centre de Comité de la langue hébraïque lieu de rencontre pour toute la communauté désirant pratiquer la langue hébraïque.

IL s’exile en 1914 pour New york, fuyant la persécution ottomane, et reviendra en Eretz Israël à la fin de la première guerre mondiale et poursuivra son idéologie. A son retour il est heureux de constater que la ville de Jérusalem s’est agrandie et que la langue hébraïque est de plus en plus pratiquée.

Malgré toutes ses occupations, les moyens de la famille manquent et ils vivent dans un inconfort permanent, Ben Eliezer rechute de la tuberculose. Sentant que ses jours sont comptés il s’acharne dans son travail d’édition d’un dictionnaire de l’hébreu moderne, voyage en Europe et visite toutes les bibliothèques universitaires afin d’étudier les ouvrages écrits en hébreu ancien.

Eliezer Ben Yehuda mourra en paix en 1922, l’hébreu sera reconnu comme langue officielle de son vivant par l’Administration mandataire britannique, un décret de trois jours de deuil sera appliqué pour ce Grand Homme et des milliers de personnes se recueilleront devant sa tombe.

 

Eliezer Ben Yehuda et sa femme Hemda

Eliezer Ben Yehuda et sa femme Hemda

Le Grand Prêtre « Cohen Gadol »

 

Le grand prêtre "Cohen Gadol"

Le grand prêtre « Cohen Gadol »

D’après la Torah et la Bible hébraïque Cohen signifie « dévoué, dédié », ce fut un titre conféré à Aaron le frère de Moise de la tribu de Lévi, ainsi qu’à toute sa descendance masculine.

Ces prêtres étaient dévoués au service du Temple de Jérusalem ; membre du clergé hébreu, ils réalisaient les sacrifices, la bénédiction du peuple d’Israël, l’application de la loi divine et étaient placés sous l’autorité du Cohen gadol.

Pour l’office du Yom Kippour  « le jour d’ Expiation » le Cohen gadol était le seul habilité à rencontrer Dieu en rentrant dans le saint des saints, les pieds enchaînés et agrémentés de clochettes afin d’être sûr, dans le cas d’un malaise, de pouvoir le tirer hors du saint des saints sans enfreindre à la loi.

Le vêtement sacerdotal du Grand Prêtre « Cohen gadol » était composé d’une robe d’azur bordée de clochettes d’or et de grenades, d’une tiare et d’une écharpe. Sur son pectoral, il revêtait 12 pierres précieuses – chacune représentant un des 12 fils de Jacob et des 12 tribus d’Israël.

Ces pierres étaient les suivantes :

  • Ruben le rubis
  • Simeon le topaze
  • Levi l’émeraude
  • Judah le grenat
  • Issachar le saphir
  • Zébulon le diamant
  • Dan l’opale
  • Nephtali la turquoise
  • Gad l’Amethyste
  • Asher le beryl
  • Joseph le jaspe
  • Benjamin l’agate

Depuis la destruction du Temple, le nom de Cohen a continué à se transmettre de père en fils. Dans les communautés orthodoxes les Cohanim sont astreints à des règles et lois particulières,

Les 12 pierres precieuses du pectoral du grand Prêtre

Les 12 pierres precieuses du pectoral du grand Prêtre

Jeanne la Papesse – Un conte ou une réalité ?

Jeanne la Papess

Jeanne la Papess

Jeanne la Papesse – Un conte ou une réalité ?

Connaissez vous l’histoire de Jeanne la Papesse?

Cela s’est passé au IXième siècle en Angleterre, une histoire qui s’est répandue au cours des siècles dans toute l’Europe.  Selon la légende populaire, une femme régna comme pape pendant quelques années au Moyen Âge.
Certains considèrent cette rumeur comme une fiction, d’autres comme une réalité.

Selon des sources médiévales, Jeanne connue sous le nom de Jean l’Anglais ce qui dénote une origine anglaise, serait née près de Mayence en Allemagne en 822. Issue d’une famille simple elle était désireuse de s’instruire et écoutait avec attention son père qui enseignait les textes bibliques à son fils dans l’espoir que celui-ci se fasse remarquer à une époque où les rares cercles d’éducation et de savoir étaient réservés aux clercs,

Durant une période de guerre et d’instabilité; elle se serait travestie en homme, ce qui lui aurait ouvert les portes d’un cloitre où elle aurait passé quelques années à apprendre et à vivre selon les règles monastiques malgré toutes les difficultés pour une femme de vivre en constante promiscuité avec des moines.

De nature serviable, elle se fait remarquer par son intelligence et sa générosité. Elle soigne les pauvres et va constamment au devant des autres. Les portes s’ouvent devant elle notamment celles de plusieurs universités et abbayes, dont Saint Germain-des-prés.

Jeanne se fait remarquer pour son talent et son érudition ; dotée d’une beauté naturelle elle impressionnait son entourage.

Elle gravit les échelons de la hiérarchie de l’église et obtint à Rome un poste de lecteur des écritures saintes avant de rejoindre la curie romaine où elle aurait fini par devenir cardinal.

Elle rencontra un chevalier dont elle tomba amoureuse et garda cette liaison secrète.

Quand le Pape Léon IV mourut, en 855, elle lui succéda et fut nommée Jean VIII l’angélique et occupa la chaire de saint Pierre. Tous s’accordent pour dire qu’elle est élue pape par acclamation, le peuple romain appréciant son érudition et sa piété3.

Tout se déroulait merveilleusement bien jusqu’à cet événement fâcheux qui fit découvrir ce subterfuge.

Au cours d’une procession, en 858, elle mit au monde un enfant au su et au vu de la foule qui, choquée, se sentie trahie par celle qu’ils aimaient tant.

Elle mourut en couche et le pontificat de la Papesse Jeanne s’acheva brutalement sur fond de scandale.

Suite à cela une autre légende raconte qu’au Vatican se trouverait une chaise percée sur laquelle les nouveaux papes élus devraient s’asseoir avant leur investiture, afin de s’assurer de leur virilité et de conjurer la menace d’une nouvelle papesse. 

Au 16ème siècle, la cathédrale de Sienne comportait un buste de Jeanne parmi les autres pontifes; il a été enlevé après des manifestations en 1600.

 

Jeanne la Papess

Jeanne la Papesse

 

Théodore Herzl – le Moïse des Temps Modernes

Theodore Herzl

Théodore Herzl

Théodore Herzl – Le Moïse des temps modernes.

Il naquit en 1860 dans le quartier juif de Budapest, capitale de la Hongrie, fils d’une famille bourgeoise d’origine germanique, son père un réformiste pratiquant d’un judaïsme  »progressiste » était un partisan de l’assimilation des juifs au sein de leurs terres d’accueil.

Docteur en droit, il devint Journaliste à Paris et correspondant du journal viennois la « Neue Freie Presse » mais avide de connaissances et ne pouvant satisfaire sa curiosité il parcourait la Terre …

Ecrivain, auteur de pièces de thêâtre, connu à Berlin, à Vienne il fut nommé Directeur Littéraire du journal qui l’employait…

Cet Homme, de forte stature et de grande prestance, portait une longue barbe noire, des yeux étincelants et profonds, il magnétisait tous ceux qui entraient en contact avec lui de par sa vivacité et son éloquence, depuis les empereurs jusqu’aux pauvres Juifs qui s’arrêtaient pour baiser les bords de son manteau…

L’affaire Dreyfus et les cris dans Paris de « Mort aux Juifs » changera le cours de sa vie.

On raconte bien que. tout jeune, il aurait dit au docteur de sa famille  »Que le seul moyen pour les juifs était de partir en Palestine et à la « question qui nous y conduira »  il aurait répondu       « Moi ! »

Il écrivit en 1896 un livre « l’Etat des Juifs » (Der judenstaat).

« Je n’avais encore jamais rien écrit dans un tel état d’exaltation » a t’il dit…

Il partit en croisade en Allemagne, France, Angleterre et rencontra des mécènes de la finance afin de quémander l’argent nécessaire pour mettre à jour son projet.

Il essuya de nombreux échecs mais malgré toutes les difficultés rencontrées, les portes qui se fermaient, les dénonciations de « faux Messie »,  il organisa le premier congrès sioniste à Bâle en 1897. Ce fut une grande assemblée de frères barbus sionistes venus de tous pays et de toutes cultures unis par leur origine, son discours transcendant fut acclamé  par cette foule fascinée par le charisme de cet homme et fut scandé d’un cri unanime de la foule en hébreu  »Yechi Hamelech »   »Vive le Roi ». Il présidera chaque congrès sioniste jusqu’à sa mort en 1904.

Il connaissait mieux que quiconque la main mise de l’Allemagne sur la Turquie. Il rencontra l’Empereur Guillaume II qui préparait son voyage pour la Palestine, avec arrêt à Constantinople.  Herzl aussi partit pour Constantinople en pensant rencontrer le Sultan et le solliciter, contre argent comptant, la cession de la Palestine !

Voila Jésus Christ ! cria HabdulHamid en le rencontrant ! Cependant rien ne fut signé car le Sultan voulait être sûr que l’argent lui soit remis en main propre avant de prendre tout engagement.

L’Empereur Guillaume II en visite en Palestine… Herzl s’y trouvait aussi !  ils se rencontrèrent se saluant majestueusement comme deux rois dont un sans couronne !

Theodore Herzl avait 44 ans quand il mourut, il laissa une femme et 3 enfants orphelins qui furent envoyés dans des foyers d’accueil, comme son testament le demandait… Ils sont tous décédés dans des circonstances tragiques.

Le paradoxe est grand entre l’idéal de cet homme et la misère de sa famille, sa femme abandonnée et dépourvue de la charge de ses trois enfants par cet homme sans aucune compassion pour celle qui ne le suivit pas dans son destin et qui finira tout aussi tragiquement que ses enfants.

Mort en 1904, Théodore Herzl avait demandé dans ses dernières volontés à être enterré en Palestine quand le peuple juif y aurait fondé un Etat indépendant. Il avait exprimé le souhait que sa famille proche puisse reposer à ses côtés.

Le 17 août 1949, son corps ainsi que celui de ses parents, Yaakov et Jeannette, et sa sœur également prénommée Pauline, ont été inhumés au Mont Herzl.

En Septembre 2006 les dépouilles de ses enfants Hans et Pauline y ont été transférés depuis Bordeaux. Sa fille cadette, Trude Norman, est morte dans le camp de concentration de Theresienstadt,  et ses restes n’ont jamais été retrouvés. Le corps du fils unique de Trude, Stéphane Théodore Norman, qui s’est suicidé en se jetant d’un pont en 1946 à Washington, fut également transféré au Mont Herzl le 5 Décembre 2007.

 

Les enfants de Théodore Hertzl

Les enfants de Théodore Hertzl

La kabbale et la ville mystique de Safed

 

Safed - dessin Kabbaliste

Safed – dessin Kabbaliste

La « Kabbale » est un nom familier dont on ne comprend pas toujours la signification.

C’est une tradition spéculative portant sur les mystères de Dieu et de la création.

C’est une interprétation des cinq livres de la Bible, en hébreu « Torah » qui veut dire Loi ou
Enseignement, qui composent le Pentateuque mais tout particulièrement issue du texte de la « Vision d’Ezechiel » .
Elle constitue une tradition du Judaisme qui apparait dès l’époque du Second Temple.
Elle est basée sur la Révélation. un don concernant la Nature de l’homme, son origine et son devenir, cette alliance est créee par Dieu et le peuple d’Israël choisi par celui-ci.
Les Kabbalistes associent parole et alphabet, les 22 lettres de l’alphabet ont été gravées par et dans le souffle divin.

Tsfat, également appelée Safed, située sur le Mont Canaan à plus de 900 mètres d’altitude, est la ville de la Kabbale.

Elle fait partie des quatre villes saintes d’Israël avec Jérusalem, Hébron et Tibériade.

En 1492, durant l’Inquisition espagnole, les Monarques d’Espagne Ferdinand et Isabelle interdisaient la pratique de toutes religions autre que le Christianisme. 

De nombreux kabbalistes et leurs fidèles se sont alors réfugiés à Safed.

Elle devint une ville réputée de par ses synagogues aux noms d’érudits kabbalistes dont certains ont vécu à Safed, comme par exemple Rabbi Isaac Louria, le Ari, qui a décidé de s’y installer au 16ième siècle et y a développé une méthode d’étude de la Kabbale suivie encore aujourd’hui par tous les kabbalistes.  Son élève, Haim Vital et Rabbin Joseph Karo, l’auteur du « Choulhan Arouh », livre où sont résumées par sujets les lois du judaïsme. Rabbin Shlomo Alkabetz qui a écrit le chant célèbre avec lequel le shabbat commence : Leha Dodi. 

La visite de la synagogue bleue du Rabbin Abuhav est un ravissement. Elle est notée de nombreux symboles, dans l’une des armoires saintes une Bible ancienne du XVIème siècle ne peut-être ni sortie ni lue en dehors des Fêtes de Kippour, Shavouot et Rosh Hashana – une légende raconte que si une personne passe outre un malheur lui arrivera dans l’année…

Les initiales des trois mots Kippour, Shavouot et Rosh Hashana veut dire  »Kasher »

On raconte que dans une autre armoire sainte, durant l’époque Ottomane, le « Coran » y était gardé, un stratagème qui aurait permis de sauver la synagogue des attaques musulmanes en temps de tension …. 

Dans cette ville sainte règne une atmophère mystique qu’agrèmente de très nombreuses légendes.  

Le passage dans ses ruelles, colorées par de très nombreuses galeries d’artistes, est un plaisir pour les visiteurs.

On raconte que quand le Messie viendra de Méron il entrera dans la vieille ville de Safed par « ‘allée du Messie » qui reste intouchable même de nos jours.

L’air pur de Safed permet de vivre jusqu’à 120 ans nous dit on….

 

Rue de la Synagogue Abuhav

Rue de la Synagogue Abuhav